Randonnées d'automne : trois itinéraires européens inspirants pour le littoral morbihannais
Lonely Planet vient de consacrer un nouveau guide, « Where to Go When: Hiking », à plus de quatre-vingt-dix randonnées à travers le monde, classées par saison idéale.

Trois itinéraires européens à marcher cet automne, et ce qu'ils inspirent en Morbihan
Trois itinéraires européens y sont mis à l'honneur pour l'arrière-saison, et leurs choix de gestion, de signalétique et de sobriété résonnent directement avec ce que nous cherchons à construire, semaine après semaine, sur les sentiers du littoral morbihannais.
Trois lectures pour comprendre l'automne en marche
Le premier sentier mis en avant est le Premužić, dans le parc national du Velebit septentrional, en Croatie. Lonely Planet le présente comme l'un des plus beaux exemples européens d'ingénierie en pierre sèche: des chemins façonnés à la main qui serpentent entre alpages fleuris, bergeries et vues plongeantes sur l'Adriatique. Septembre y est recommandé pour ses températures douces, l'absence de neige et la mer encore chaude — un trio de conditions que l'on retrouve, à d'autres latitudes, sur nos propres côtes bretonnes.
Le deuxième itinéraire traverse l'Angleterre d'ouest en est, sur les pas du célèbre marcheur Alfred Wainwright. Il relie St Bees, en Cumbria, à Robin Hood's Bay, dans le Yorkshire, et passe par trois parcs nationaux. Récemment élevé au rang de National Trail, le parcours bénéficie aujourd'hui d'une signalétique plus claire, d'une accessibilité revue et d'une gestion environnementale renforcée. Cette montée en exigences nous parle directement: c'est exactement ce type de cadre qui permet à un sentier côtier de durer sans se dégrader.
Le troisième, la Via Francigena, est un ancien chemin de pèlerinage qui part de Bourg-Saint-Pierre dans les Alpes suisses, descend par la vallée d'Aoste en Italie et file jusqu'à Rome. Le guide y insiste sur les panoramas alpins, les prairies fleuries et la richesse culturelle et gastronomique des régions traversées — autant d'invitations à ralentir le pas pour mieux lire un paysage.
Ce que ces exemples nous soufflent pour nos propres pratiques
Bien que ces itinéraires soient aux quatre coins de l'Europe, ils partagent une même conviction: marcher à l'automne, c'est accepter un tempo plus lent et une fréquentation plus diffuse. C'est pourquoi ils méritent d'être lus comme un miroir tendu vers nos propres parcours, du Golfe aux landes intérieures.
Un récent article relayé par Yahoo Life UK rappelle d'ailleurs que les voyages à pied demeurent l'un des meilleurs antidotes au surtourisme — une idée que nous partageons pleinement, parce qu'elle replace le randonneur dans le paysage au lieu de l'extraire.
Pour préparer un grand voyage automnal, trois fenêtres se dégagent du guide: septembre pour la Croatie, octobre pour la traversée anglaise, et l'arrière-saison pour la Via Francigena italienne. Le guide signale aussi que novembre devient intéressant pour des destinations plus lointaines, comme la Laguna Quilotoa en Équateur ou les vallées du Langtang et de l'Helambu au Népal — autant de voyages qui se préparent longtemps à l'avance, en gardant à l'esprit que ces régions portent elles aussi une histoire de résilience, notamment après le séisme de 2015 qui a frappé le Langtang.
En attendant, l'automne breton nous offre précisément ce que ces voyageurs cherchent au bout du monde: des lumières rasantes, des sentiers moins fréquentés et une mer praticable à pied sur certaines portions du littoral. C'est la saison que nos accompagnateurs naturalistes affectionnent, parce qu'elle révèle ce que l'été masque — et c'est aussi pour cela que nous continuons, carte ouverte, à arpenter le Morbihan avec vous.